À quoi sert le discours du président
Le discours du président ouvre l’assemblée générale. Pendant quelques minutes, la salle écoute une seule personne, et le ton de toute la séance se joue souvent à ce moment-là. Un discours trop long, lu le nez dans ses feuilles, installe l’ennui avant même le premier vote. Un discours clair, sincère et tourné vers les décisions à prendre donne envie de participer.
Ce discours a trois fonctions. La première est d’ouvrir formellement la séance : le président accueille les membres, constate que l’assemblée peut se tenir et rappelle le cadre dans lequel elle se déroule. La deuxième est de donner du sens à l’année écoulée : non pas en détailler toutes les actions, ce qui est le rôle du rapport d’activité, mais en tirer les deux ou trois enseignements qui comptent. La troisième est de préparer les votes : annoncer ce que l’assemblée va décider, et pourquoi ces décisions sont importantes.
Le discours n’est pas un bilan exhaustif, ni un plaidoyer, ni un règlement de comptes. C’est une prise de parole de quelques minutes qui doit laisser à chaque membre l’impression d’avoir compris où en est l’association et ce qu’on attend de lui aujourd’hui.
Pour un président qui prend la parole en public pour la première fois, l’exercice peut sembler intimidant. Il l’est beaucoup moins quand on dispose d’une structure simple et d’un texte de base à adapter. C’est l’objet de cette page.
Discours d’ouverture, rapport moral, mot de clôture
Dans beaucoup d’associations, trois prises de parole du président se confondent, alors qu’elles n’ont ni le même objet ni la même place dans l’ordre du jour.
Le discours d’ouverture se place au tout début de la séance. Il accueille, remercie, rappelle le cadre et annonce le programme. Il est court et ne donne lieu à aucun vote.
Le rapport moral est un document de l’ordre du jour. Le président y présente la politique de l’association, son orientation et son appréciation de l’année. Selon les statuts, il est soumis au vote de l’assemblée. Il peut être lu, présenté oralement ou résumé à partir d’un document envoyé avec la convocation. Dans certaines associations, le rapport moral et le rapport d’activité sont fusionnés en un seul document.
Le mot de clôture intervient en fin de séance, après les votes. Le président remercie les participants, salue les nouveaux élus, rappelle les prochaines échéances et lève la séance. Il ne dure que quelques instants.
Bien distinguer ces trois temps évite un défaut fréquent : le discours d’ouverture qui devient un rapport moral de vingt minutes, après lequel le président doit tout de même présenter le rapport moral officiel. Si les statuts prévoient un rapport moral soumis au vote, le discours d’ouverture doit rester bref et renvoyer à ce rapport. Si l’association a l’habitude de fusionner les deux, il faut alors l’annoncer clairement et soumettre ce discours au vote comme rapport moral.
La structure en cinq temps
Un discours d’assemblée générale efficace suit une structure simple, que l’on peut retenir sans notes. Elle tient en cinq temps.
Premier temps : l’accueil et les remerciements. Le président souhaite la bienvenue, remercie les membres présents d’être venus et ceux qui ont donné un pouvoir de s’être fait représenter. Il remercie en une phrase les bénévoles, les salariés s’il y en a, les partenaires et les financeurs, sans entrer dans une longue liste nominative. Si des personnalités sont présentes, il les salue brièvement.
Deuxième temps : le rappel du cadre. Le président indique que l’assemblée a été régulièrement convoquée, que les conditions prévues par les statuts sont réunies pour qu’elle puisse délibérer, et il présente le président de séance et le secrétaire s’il ne remplit pas lui-même ces fonctions. Ce passage peut sembler formel, mais il est utile : il montre que l’assemblée se déroule dans les règles.
Troisième temps : l’année en trois faits. Au lieu d’énumérer toutes les actions, le président choisit trois faits marquants : une réussite, une difficulté, une évolution. Il les raconte simplement, avec un exemple concret pour chacun. Le détail viendra dans le rapport d’activité.
Quatrième temps : ce que l’on va décider. Le président présente les principales décisions de la séance : approbation des comptes, vote du budget, élection des administrateurs, modification des statuts, projet nouveau. Il explique en une ou deux phrases pourquoi chacune compte. C’est le passage qui donne du sens aux votes.
Cinquième temps : l’appel à l’engagement. Le président termine en invitant les membres à participer : se présenter au conseil d’administration, rejoindre un groupe de bénévoles, proposer une idée. Il conclut en passant la parole pour le premier point de l’ordre du jour.
Un modèle de discours d’ouverture
Le texte ci-dessous suit cette structure. Les éléments entre crochets sont à remplacer, et chaque phrase peut être raccourcie ou adaptée au ton de l’association. Il est conçu pour être dit, pas lu : il vaut mieux le transformer en quelques mots-clés une fois qu’on se l’est approprié.
« Bonsoir à toutes et à tous, et bienvenue à l’assemblée générale de [nom de l’association]. Merci d’être venus si nombreux ce soir, et merci aux membres qui, ne pouvant être présents, nous ont confié leur pouvoir. Je veux remercier aussi, avant toute chose, celles et ceux qui ont fait vivre l’association cette année : les bénévoles, [l’équipe salariée], et nos partenaires, en particulier [nom du principal partenaire ou financeur].
Notre assemblée a été convoquée dans les formes prévues par nos statuts, et les conditions sont réunies pour qu’elle puisse délibérer valablement. [Nom] assurera le secrétariat de séance et rédigera le procès-verbal.
Avant d’entrer dans l’ordre du jour, je voudrais retenir trois moments de l’année. Le premier, c’est [une réussite, racontée en deux phrases avec un exemple concret]. Le deuxième, c’est [une difficulté rencontrée et la façon dont l’association y a fait face]. Le troisième, c’est [une évolution : nouveau projet, nouveau public, nouvelle organisation]. Le rapport d’activité qui va vous être présenté reviendra en détail sur tout cela.
Ce soir, nous avons plusieurs décisions importantes à prendre. Nous allons approuver les comptes de l’exercice, qui vous seront présentés par notre trésorier. Nous allons voter le budget de l’année à venir, qui conditionne [projet principal]. Et nous allons renouveler une partie de notre conseil d’administration : [nombre en toutes lettres] sièges sont à pourvoir, et je remercie les candidats qui se sont déclarés.
Une association ne vit que par l’engagement de ses membres. Si vous avez envie de vous investir davantage, que ce soit au conseil, dans un groupe de travail ou ponctuellement sur une action, venez nous en parler à la fin de la séance. Je vous remercie, et je passe maintenant à l’ordre du jour, en commençant par [premier point]. »
Ce texte se dit en quelques minutes. Il laisse toute leur place aux rapports et aux débats qui suivent.
Le modèle s’adapte à d’autres situations. Pour une assemblée générale extraordinaire, convoquée par exemple pour modifier les statuts ou décider d’une fusion, le troisième temps change de nature : au lieu de raconter l’année, le président explique pourquoi l’assemblée est réunie, ce qui a conduit le conseil à proposer la décision et ce qui se passera selon que la résolution est adoptée ou rejetée. Le ton reste le même : factuel, sans pression sur le vote.
Pour une assemblée qui suit une année difficile, conflit interne, perte d’un financement, départ d’un salarié, le premier temps peut s’accompagner d’une phrase qui reconnaît la situation sans s’y attarder : « Cette année n’a pas été simple, et nous en parlerons ouvertement pendant la séance. » Annoncer que le sujet sera traité, et à quel moment de l’ordre du jour, désamorce souvent les interruptions pendant le discours. La salle sait que sa question aura sa place.
Pour une première assemblée, enfin, celle qui suit la création de l’association, le discours peut rappeler en quelques mots pourquoi les fondateurs ont voulu créer la structure, et ce qu’ils attendent des premiers membres.
La bonne longueur et le bon ton
La règle la plus utile est simple : plus le discours est court, plus il est écouté. La salle est venue pour décider, pas pour assister à une conférence. Un discours d’ouverture qui dépasse quelques minutes empiète sur le temps des débats et fatigue l’auditoire avant les votes.
Le ton doit être celui de l’oral. Des phrases courtes, un vocabulaire simple, des exemples concrets plutôt que des généralités. Les tournures administratives, comme « dans le cadre de la mise en œuvre de nos orientations », passent mal à l’oral. Mieux vaut dire « cette année, nous avons ouvert un atelier le samedi matin ».
Les chiffres doivent être rares. Un ou deux chiffres marquants peuvent illustrer une réussite, mais le détail financier appartient au rapport du trésorier. Un discours truffé de pourcentages et de montants se retient mal et donne l’impression d’une lecture de tableau.
La sincérité vaut mieux que l’enthousiasme forcé. Si l’année a été difficile, il faut le dire, en expliquant ce qui a été fait et ce qui reste à faire. Les membres apprécient un président qui reconnaît les difficultés plutôt qu’un discours uniformément positif que tout le monde sait inexact.
Enfin, il faut répéter. Dire le discours à voix haute une ou deux fois avant la séance permet de repérer les phrases trop longues, les passages qui accrochent et le temps réel de la prise de parole.
Les erreurs qui plombent la salle
Certaines erreurs reviennent dans beaucoup d’assemblées. Elles sont faciles à éviter quand on les connaît.
Lire intégralement un texte écrit. Le président qui lit ses feuilles sans lever les yeux perd l’attention de la salle en quelques phrases. Mieux vaut des notes en mots-clés, quitte à hésiter un peu.
Remercier tout le monde nommément. La liste de remerciements qui s’étire sur plusieurs minutes, avec le risque d’oublier quelqu’un, est l’un des pièges les plus courants. Un remerciement collectif chaleureux, éventuellement complété par une mention particulière, suffit.
Régler ses comptes. Le discours d’ouverture n’est pas le moment de répondre à une critique, de mettre en cause un ancien administrateur ou de dénoncer un partenaire. Ces sujets, s’ils doivent être abordés, trouvent leur place dans un point de l’ordre du jour où chacun peut s’exprimer.
Anticiper le résultat des votes. Dire « nous allons bien sûr approuver les comptes » ou « je ne doute pas que vous élirez nos candidats » donne l’impression que les votes sont joués d’avance. Le président présente les décisions ; il laisse l’assemblée les prendre.
Oublier l’ordre du jour. Un discours qui annonce des sujets absents de l’ordre du jour crée de la confusion, et l’assemblée ne peut de toute façon pas voter sur un point qui n’y figure pas.
Après le discours : enchaîner sur l’ordre du jour
Le discours d’ouverture se termine par une transition claire vers le premier point de l’ordre du jour. Le président annonce ce point et passe la parole à la personne qui le présente, ou le présente lui-même. Cette transition évite le flottement qui suit souvent les applaudissements.
Le secrétaire de séance consigne l’ouverture de l’assemblée au procès-verbal : heure d’ouverture, nombre de membres présents et représentés, constat que l’assemblée peut délibérer. Il n’a pas à retranscrire le discours, mais il peut en mentionner les grandes lignes si le président le souhaite.
Si le discours a valeur de rapport moral et doit être soumis au vote, le président de séance le met aux voix immédiatement après, ou à la place prévue par l’ordre du jour. Le résultat du vote est consigné au procès-verbal.
Enfin, il est utile de garder une trace écrite du discours, même sous forme de notes. Elle pourra servir pour la lettre d’information de l’association, pour le compte rendu adressé aux membres absents, ou simplement pour préparer le discours de l’année suivante.
Le discours n’est qu’un moment du déroulement d’une assemblée associative. Il prépare la présentation du rapport d’activité présenté en AG, qui vient en général juste après. Teledis décrit ces étapes pour les présidents et secrétaires qui conduisent les assemblées.
Questions fréquentes
Combien de temps doit durer le discours du président ?
Quelques minutes suffisent pour un discours d’ouverture. Au-delà, l’attention de la salle baisse et le temps des débats se réduit. Si le discours tient lieu de rapport moral, il peut être un peu plus long, mais il gagne toujours à être resserré autour de quelques idées fortes.
Le discours du président doit-il être voté ?
Non, sauf s’il tient lieu de rapport moral et que les statuts prévoient un vote sur ce rapport. Le discours d’ouverture lui-même n’est qu’une prise de parole. Le rapport moral, en revanche, est souvent soumis à l’approbation de l’assemblée.
Faut-il distribuer le texte du discours ?
Ce n’est pas nécessaire. Les documents distribués ou envoyés avec la convocation sont plutôt le rapport d’activité, le rapport financier et les projets de résolution. Le discours peut ensuite être repris dans la lettre d’information ou le compte rendu destiné aux membres.
Qui prend la parole si le président est absent ?
En général, le vice-président ou la personne désignée par les statuts pour le remplacer. À défaut, un membre du bureau peut assurer l’ouverture de la séance. Le procès-verbal mentionne qui a présidé l’assemblée.
